Chute de la Rwega

Publié le par ADM

Toujours dans le cadre de la promotion touristique de cette zone, nous nous sommes rendus en ce début février, à la limite sud de la région de Kigoma, avec la région de Rukwa.
La frontière est la rivière Rwega. Elle se termine par une chute d'eau, dans les 3 m de haut, une quarantaine de mètre avant de se jeter dans le lac Tanganyika.

Chute de la Rwega

Nous avons voulu prendre des photos vues de dessus, mais le sentier qui grimpait semblait fréquenté par des serpents. Celui qui a fuit devant nous devait faire dans les 2 m de long, noir dessus, clair en dessous.Pas vu la tête, donc peut pas dire quelle espece c'était. Mais la plupart sont venimeux. J'ai fait faire demi tour car le guide était pieds nus alors que nous avions des chaussures montantes protégeant nos chevilles. Ca sera pour une autre fois.
Le voyage aller à la chute, à partir de Kalya, s'est fait par boat, avec un moteur à essence. Il s'arrête partout pour prendre des passagers, c'est un taxi boat, qui a mis 4h pour atteindre le village de Rwega.
Pendant ce voyage, j'ai eu la possibilité de m'occuper d'un chaton qui se trouver dans un bidon couvert d'un filet, sous le soleil. Il faut savoir qu'en Afrique, plus qu'ailleurs d'après mes experiences, ils n'ont aucun respect pour les animaux. Ce sont soit des objets, soit de la viande sur pied.

Donc je n'ai pas pu résister aux miaulements de ce chaton et je l'ai mis dans ma chemise, ou il s'est endormi. Quand il ralait pour partir, je lui donnais à boire dans le bouchon de la bouteille, le carassais beaucoup et il repartait pour un nouveau roupillon. Evidemment, tout le bateau était hilare car c'était la 1ere fois qu'ils voyaient comment un chaton pouvait être traité différemment qu'avec le pied.
Bon, j'ai tenté comme d'habitude d'expliquer que c'était une création du bon Dieu, un être vivant, qu'il avait droit à autant d'égard que leur propres enfants et tout ce qu'il demandait, c'était de l'affection, la preuve, vous voyez qu'il se sent bien, en sécurité, alors il est calme et il dort. Personne ne percute, autant pisser dans un violon. La vie humaine est déjà difficilement respectée, alors celle d'un animal.
Ils font beaucoup de gosses, pour être sur que plusieurs survivront aux maladies et atteindront l'age adulte. Parmi ceux ci, ils esperent qu'un ou deux pourront avoir un bon job pouvant assurer la vieillesse de leur parents. En fait, c'est plus un investissement qu'autre chose. Ils disent bien: notre richesse, ce sont nos enfants, à prendre dans le sens littérale.
C'est vraiment un concept tout à fait différent. L'etat ne leur donne pas de Sécurité sociale ni de retraite (ou insinifiante), donc ils comptent sur les gosses pour ça. Peut on dire qu'ils aiment leurs enfants; dans un sens oui, mais ils tournent plus facilement la page qu'un occidental. Un qui part, on en refait un autre. Aucune notion de responsabilité envers la vie qu'ils vont donner; s'ils ont des champs, ils ont besoin de main d'oeuvre gratuite, les filles vont chercher l'eau et s'occupent des plus jeunes alors que les fils vont aux champs. L'éducation arrive trés loin derrière car ça n'arrange pas les parents qui perdent un travailleur et ça leur fait dépenser de l'argent.
Quand on dit que l'éducation est vraiment la priorité n°1 en Afrique, ce n'est pas un fantasme, mais bien une réalité.

Aprés avoir mangé et pris d'autres photos, nous avons discuté avec des piroguiés pour revenir vers Kalya, avant la nuit. Avec un blanc évidemment les prix montent, donc la discussion est plus longue. Finalement, pour 15$ nous avons accepté.
N'ayant pas chaumé sur les rames et les pêcheurs sur le chanvre aussi, nous avons atteint Isonga en 2.45h, ce qui les a ravis car ils venaient d'établir un record.
A partir d'Isonga, il nous restait 15 km à pied, soit 2.30h de marche soutenue. A la rivière Lufubu, des piroguiés étaient encore là à 19.00H. Ils nous ont dit qu'il y a deux jours, un croco avait emporté un gosse de 7ans. Sachant qu'ils descendent presque chaque nuit vers le lac, j'ai fait passé mon ami devant qui, en tant qu'africain a la vue beaucoup plus perçante que moi, ça m'évite de marcher sur un croco en pensant que c'est un arbre, car la nuit était tombée et j'avais du mal à voir où poser mes pieds.
Finalement nous sommes arrivés à Kalya à 21.30h, assez fatigués.

En chemin, nous avons croisé une équipe de 2 policiers, d'un ex chasseur et de 2 autorités de Kalya. Ils allaient  à Isonga; ils ont été appelé par les gens de ce village car un hippotame détruisait leur récolte. Evidemment tout le monde y a vu de l'intérêt dans l'histoire. L'équipe expéditionnaire qui allait tuer l'animal et se prendre les meilleurs morceaux pour faire de l'argent et les gens d'Isonga qui allait manger de la viande pendant quelques jours.
J'ai demandé a Dieu de planquer cet hippotame et de le protéger. Sympa, il m'a entendu, car nous avons rencontré l'expedition trois jours plus tard, rentrée bredouille.

Publié dans Promo-tourisme

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