Améliorer l'attelle d'une handicapée

Publié le par ADM

Le mardi 15 avril, une femme handicapée m'a demandé si je ne pouvais pas l'aider à lui trouver une 

chaussure pour son attelle car la sienne était usée. J'ai pris la mesure de son pied, 20cm et je lui ai dit que j'allais réfléchir à la question. Qu'elle revienne à cette même place le lendemain à 11.00h.

Une fois arrivé à la maison, je me demandais comment j'allais pouvoir résoudre son problème, car il fallait

déjà trouver la chaussure qui doit avoir un talon suffisamment haut pour y insérer la tige de support de son armature métallique. J’allais devoir faire le marché des chaussures d’occases.

Cette femme m'a expliqué que sa cheville n'avait plus aucune force donc elle ne pouvait s'appuyer dessus

que si celle-ci était maintenue fermement. Donc il fallait si possible une chaussure montante qui tienne la

cheville.

J'ai alors pensé à la paire de botte de marche de Pauline, (qui m'a souvent répété qu'elle était un peu

juste) qui est à tige haute et qui correspond bien à la description, mais était-ce la bonne taille. J'ai mesuré la chaussure, 25cm; donc ça doit marcher.

 
Le 16, muni de la perceuse à pile, d'un tournevis et du couteau suisse, je suis allé sur le parking des taxis, face au marché de Kigoma.

La femme était déjà là et m'attendait, assise sur le bord du caniveau, près de l'étale de ma vendeuse de bananes attitrée. Je lui ai enlevé la vieille chaussure, elle a essayé la botte et disait "safi" bien.

Sur ce, j'ai marqué l'emplacement de la tige métallique et j'ai sorti le matériel. Evidemment, ce n'est pas

courant qu'un muzungu (blanc) déballe son outillage pour faire du bricolage sur la place publique, en plus, pour une mendiante handicapée.

Apres 25 minutes de perçage et autres ajustements, j'ai réussi à avoir un trou assez large (car le caoutchouc se rétractait et se dilatait toujours) pour laisser passer la tige creuse où se fixent les deux pointes latérales.

 La femme a enfilé la chaussure, que j’ai lacée et j’ai fixé la chaussure sur les tiges métalliques de l’attelle.

Elle s’est mise debout pour essayer et était très satisfaite du résultat. Les commentaires allaient bon train et elle a même répondu sèchement à un type qui parlait d’argent (de quoi peut bien parler un africain en présence d’un blanc, je vous le demande). Mais l’un d’eux m’a dit que Dieu te bénisse, ce à quoi j’ai répondu que c’était déjà fait.

 Elle est repartie toute contente avec sa chaussure seconde main flambante neuve !  Je pense que la femme pourra utiliser l’autre que j’ai gardé quand celle-ci sera usée, vu la marge, pied gauche - chaussure droite, ça ne devra pas poser de problème, et Pauline a encore fait une nouvelle donation, une moitié de paire de chaussures ; par les temps qui courent c’est déjà pas mal.

 

           
                                                              Nouvelle chaussure et la vieille devant

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article